Partir à la découverte d’une voix qui vient de si loin… Prendre conscience de sa portée pour passer insensiblement du son au sens. Partir en poème en se laissant mener par cette écoute jusque dans les contrées les plus surprenantes.

En écouter/ en fabriquer… C’est l’idée de « Sentiers pour le creux de l’oreille » comme initiation

« J’explore le monde sonore à partir des couleurs que les mots prennent quand lire les mâche, les jette, les cajole…les embrouille, les croque, les chatouille… Ma voix, trop bizarre, se déforme au gré des sensations: je l’aime quand je joue avec elle; elle est seule? … Pas sûr! J’écoute les nuances, j’enregistre jusqu’au silence… et ce n’est pas peu dire! Je vois un espace s’ouvrir à partir duquel je relance l’alphabet et j’invente… Je dessine une langue, des objets, un chemin ou c’est ma langue qui dessine? qui circule entre tous… Tiens, t’as vu l’autre!?! Non, je l’ai entendu… Chut… c’est pas fini… À toi maintenant… »

Aussi d’imaginer des représentations graphiques pour organiser une succession de sons et d’évènements sonores, notamment en se servant du calligramme. Enfin, il s’agit de l’adresser à quelqu’un même s’il s’agit d’une bouteille à la mer.

La matérialité du langage
Au delà des limites de la représentation, le calligramme fait entrer tout un chacun dans les jeux d’écriture, du tracé sur le sable au light painting, parmi toutes les activités possibles dans le catalogue des écritures à contraintes. Ce sentier n’est pas sans promettre à chacun une aventure propre dans la forêt du sens, avec pour toute boussole la matérialité du langage.

Atelier de création sonore (plus approfondi pour le podcast) Ecriture sonore

Plonger dans l’inconnu pour découvrir le livre qui s’écrit en nous-même ? Se mettre à l’écoute des voix qui nous parlent ou parlent entre elles à l’intérieur de nous.

L’écriture sonore est une évolution pour recueillir les « bribes et les faire fondre sous la langue qui danse dans la beauté des voix, singulières et solidaires ».
L’invitation faite par le collectif de Rennes micro-sillons a permis d’explorer l’écriture sonore auprès des CM1, CM2 avec une ingénieure du son Emmanuelle Soubirot et aux élèves de 5ème avec une metteure en scène Emma Morin

Ce sont des oeuvres à commander ou à faire en atelier. L’idée est de se laisser porter par les sons qui nous entourent. D’aiguiser son écoute du quotidien et des situations. De collecter des poèmes, témoignages et traces d’une mémoire distante et proche à la fois. De partir à la découverte de sa propre voix, de prendre conscience de sa portée, en explorant des objets du quotidien, des instruments pour repartir des sons collectés et aller vers la création sonore. On peut aussi partir d’une orchestration improvisée (collecter, enregistrer trier et recycler des sons), pour fabriquer une carte postale sonore. Il s’agit pour l’élève, avec les artistes associés,suivant un processus et des techniques de création. D’inventer une structure simple à partir d’une sélection de sources sonores pour aller vers des propositions personnelles lors de moments de création et d’interprétation.

 

carte postale Idée Fixe de Robert Desnos (faudrait couper ou faire payer?!!!)
Cela s’arrête là
(créé pour le film “De l’ombre à la lumière”)
un poème contre la violence faite aux femmes
Cette performance eidétique a été créée à Cerisy La Salle durant un colloque sur LA NUIT. Armelle Chitrit, dit le poème “IT” avec le concours d’une sculptrice, Vanaja Braibant qui l’a réalisé en fil de fer. IS est le poème qui lui fait réponse dans le recueil Kanutshuk, publié chez Jacques André. Ces poèmes interroge le sens incompréhensible de la douleur et sur la façon dont on peut l’accueillir. Un thème Baudelairien repris par Jaccottet et ici par la soeur d’une patiente tragiquement atteinte et qui meurt en 2004, quelques mois avant la création de cette performance.

St Valentin

Il y a des poèmes en rond
qui rôdent autour de la maison

Il y a des poèmes en chat
qui miaulent sitôt qu’il fait froid

Il y a même des tas de poèmes
qui se promènent sans un bruit,
des sentiments qui, sans abri, viennent vous chatouiller les orteils : Ici le gros, là le petit.

Puis il y a ce poème que j’aime C’est un petit poème pour toi Il se pose comme un problème tout doucement entre tes bras

Ce poème sans solution
en bonbon ou en chocolat
C’est un petit poème « maison » 

Rien que pour toi.